PIAmot interviewé sur Europe 1, le 18 janvier 2023


Retrouvez sur cette page l’interview de Damien Le Lann sur Europe 1 (rubrique Initiatives en France) « Un clavier d’ordinateur pour taper un texte à la vitesse de la parole » du 18 janvier 2023.


Retranscription écrite de l’interview de Damien Le Lann

– Très bon réveil à nos côtés sur Europe 1, 5 h 18. Voici les initiatives en France, avec encore cette belle innovation ce matin. C’est un clavier d’ordinateur pour taper un texte à la vitesse de la parole.

– Bonjour Damien Le Lann.

– Bonjour Ombline.

– Merci beaucoup d’être avec nous sur Europe 1. Vous êtes près de Caen, en Normandie. Avec trois autres ingénieurs, vous avez mis au point PIAmot, un clavier d’ordinateur qui ambitionne, un jour, de remplacer le traditionnel clavier Azerty, clavier français vieux de 150 ans, son homologue anglophone étant le Qwerty.

Alors pour commencer, Damien Le Lann, nous sommes à la radio, est-ce que vous pouvez déjà nous le décrire, ce clavier, à quoi il ressemble ? Car visuellement, le PIAmot est très différent d’un clavier, en tout cas, différent du clavier que l’on connaît.

– Absolument. Le PIAmot est d’abord un clavier ergonomique qui fonctionne sur un principe de saisie simultanée. À la différence d’un clavier classique, on peut actionner plusieurs touches en même temps, de façon à former des syllabes, et donc des mots. Il est également enrichi d’un certain nombre de fonctionnalités qui sont mises au service du gain de vitesse puisque l’objectif de PIAmot, c’est d’abord de répondre à son propre besoin au travers de PIAmot Prestations, et l’objectif de vitesse.

– L’objectif de vitesse. Ça a été l’un des moteurs ? D’où vient l’idée ? D’où vient ce PIAmot ?

– Alors ce PIAmot, c’est une longue histoire, mais l’origine commence avec le vélotype. Le vélotype, c’est un clavier de saisie rapide qui est très ancien puisque le brevet date de 1968 et c’est d’ailleurs le clavier qui est utilisé lors des allocutions du Président Macron pour effectuer le sous-titrage. C’est un outil qui permet d’avoir des performances remarquables mais qui, malheureusement, est resté confidentiel car son utilisation est complexe et nécessite plusieurs années de formation pour pouvoir le maîtriser. Donc pour répondre en particulier à la demande des 7 millions de personnes sourdes et malentendantes en France, Guy Hollier-Larousse, qui est l’inventeur du PIAmot, a réfléchi et pensé à un outil qui soit intuitif, innovant, et qui permette, entre autres, de saisir jusqu’à la vitesse de la parole.

– Jusqu’à la vitesse de la parole. Alors, que l’on comprenne bien, vous l’avez dit mais on va bien le repréciser : avec le clavier Azerty, on tape les mots lettre après lettre. Le PIAmot, lui, je vous cite, c’est « un clavier des mots ». Donc, ce sont des combinaisons ! Par exemple, si je prends un exemple dans votre présentation, le mot « bonjour », on va taper « bon » et « jour », c’est ça ? Deux frappes au lieu de sept ?

– Absolument.

– C’est un peu le principe ?

– Absolument. On peut actionner les touches simultanément, donc effectivement, on va saisir « bon » et puis « jour », mais on va pouvoir également utiliser un raccourci, « bjr » dans le langage courant, ou tout simplement « bj », de façon à pouvoir saisir plus facilement, plus rapidement, en actionnant moins de touches. C’est une des fonctionnalités du PIAmot.

– Donc c’est de l’intelligence artificielle qui est derrière le PIAmot.

– Alors, il y a également une forme d’intelligence artificielle puisque l’on développe des outils, notamment le prédictif, que l’on retrouve sur les smartphones, c’est-à-dire, lorsque je saisis quelques caractères, on me propose déjà des suggestions. Ce sont des fonctionnalités que l’on est en train d’incorporer au PIAmot, entre autres.

– Il existe autant de combinaisons pour écrire tous les mots de la langue française ?

– En fait, on peut utiliser le clavier PIAmot à sa guise, c’est-à-dire qu’on peut l’utiliser en touche à touche, comme sur un clavier Azerty, même si cela perd tout le sens et toutes les fonctionnalités du PIAmot, mais on peut utiliser jusqu’à six, sept, huit, neuf caractères en même temps. Et il est équipé également, pour les professionnels que nous allons former au sein de PIAmot Prestations, d’un pédalier. D’ailleurs, toutes ces fonctionnalités, je le précise, sont détaillées sur notre site Internet piamot.com, où nous mettons en vidéo, justement, toutes ces fonctionnalités.

– Oui. Il y a une vidéo où l’on voit, effectivement, comment l’utiliser. Il est intuitif, ce PIAmot.

Pour les fautes d’orthographe, alors, Damien Le Lann, il nous aide également ? Puisque ce sont des combinaisons…

– Alors ça, ça fait partie des développements, effectivement, que nous sommes en train de finaliser. C’est de la correction orthographique et de la correction de fautes de frappe. C’est de la gestion des accentués et toutes ces fonctionnalités que l’on a mises en place, dans un premier temps à destination de PIAmot Prestations, qui est la société qui va assurer du sous-titrage en direct, y compris, par exemple, pour sous-titrer une émission comme celle-ci, ont d’abord été pensées pour nos propres besoins. Et alors, en développant un produit dont l’objectif final était la vitesse maximale, les fonctionnalités que l’on a mises en place pour atteindre cet objectif, on s’est aperçu que, finalement, elles pouvaient apporter un confort d’utilisation, une facilité d’utilisation qui puisse être accessible au plus grand nombre. Et c’est la raison pour laquelle nous avons créé PIAmot Formation, qui est une société de Formation, certifiée Qualiopi d’ailleurs, qui va former les futurs PIAmistes de PIAmot Prestations. Et dans le même temps, on s’est dit : « ouvrons la distribution du PIAmot à un public plus large », soit le public qui souhaite de la vitesse et pour qui la vitesse est un facteur de productivité essentiel dans l’activité professionnelle, mais pas que, puisque tout le monde n’a pas besoin de saisir à la vitesse de la parole. En revanche, tout le monde recherche du confort, de la facilité de l’usage du clavier au quotidien. Voilà. Donc c’est dans cet esprit que nous avons ouvert la commercialisation du PIAmot à un public plus large.

– Oui, parce que vous parlez de formation, mais pas besoin non plus d’une très longue formation pour le maîtriser. Ce qui est essentiel, c’est de s’adresser au plus grand nombre, vous l’avez dit, et donc aux jeunes également. Il ne faut pas que ce soit rébarbatif. C’est aussi l’idée première…

– Alors, on parle quand même d’un outil, le clavier Azerty, qui est présent depuis 150 ans. Donc on est face à la résistance au changement, le poids des habitudes, et nous savons d’ailleurs, plus que d’autres, que se former à un outil de saisie rapide nécessite du temps puisque l’on a déjà une équipe de PIAmistes. Cinq PIAmistes s’entraînent tous les jours pour saisir à la vitesse de la parole et cela nécessite de l’entraînement. On peut faire l’analogie avec le piano. Effectivement, au bout de quelques heures, on peut faire « Au clair de la lune », mais on ne fera certainement pas du Beethov’. Voilà.

– D’accord.

– Eh bien, c’est un petit peu le même esprit pour le clavier. Alors, bien évidemment, les jeunes qui ont une plasticité cérébrale et qui ont moins d’expérience avec un clavier Azerty apprennent beaucoup plus facilement, et je le constate tout simplement avec une de mes filles qui a 12 ans. Donc forcément, les jeunes aborderont ce clavier-là beaucoup plus facilement que des adultes qui auront besoin d’un accompagnement pour changer d’outil de saisie.

– Il va fonctionner avec n’importe quel appareil ? PC ? Tablette ? Avec tous les systèmes d’exploitation aussi ?

– Absolument, sur Mac OS, sur Windows, sur Linux. Il fonctionne en plug & play, il est universel et peut être connecté en USB ou Bluetooth, donc effectivement, il est utilisable sur n’importe quel appareil.

– Et on peut voir aussi sur votre site qu’il peut s’adapter à toutes les langues. Merci beaucoup, Damien Le Lann, je rappelle que vous êtes cofondateur de PIAmot, ce clavier qui compte démocratiser la frappe à grande vitesse, vous l’avez dit, aussi vite que la parole. Bonne journée !

– Bonne journée ! Merci Ombline, et bonne journée à tous vos auditeurs !

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